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II. L'Antiquité, l'architecture
Le XVIe siècle, où le livre trouve son architecture moderne, est aussi celui des grands traités d'architecture qui diffusent des modèles antiques, réels ou imaginaires, et conservent le souvenir de constructions disparues, éphémères par nature (livrets d'entrées princières) ou détruites (par exemple le château de Madrid au bois de Boulogne).
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Architectures imaginaires |
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Hypnerotomachie, Paris, Jacques Kerver, 1546. F. 68v°-69 : Hiver et Priape. Rés. 4° Duplessis 242.
Livre premier. Polia fait voir à Poliphile le triomphe de Vertumne et Pomone avant de le conduire au temple de Diane. Le cortège passe devant un autel sur l'une des faces duquel figure l'Hiver et qui est surmonté d'une effigie de Priape auquel une " tourbe rurale " sacrifie un âne.
Ambroise Firmin-Didot (Cat. rais., 1867 et Etude sur Jean Cousin, 1872) qui avait reproduit certaines illustrations dans son Recueil des œuvres choisies de Jean Cousin, 1873, comme Charles Ephrussi (Etude sur le Songe de Poliphile, 1888) attribuaient les illustrations à Jean Cousin. En France le goût pour le Songe de Poliphile avait été ravivé par la publication en 1883 de la traduction commentée de l'émailleur Claudius Popelin, ami de la princesse Mathilde.
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Jean PÈLERIN, De artificiali perspectiva, Toul, 1521. 4° Duplessis 104.
Troisième édition du premier traité sur la perspective imprimé en Europe, due à un chanoine lettré qui avait été secrétaire de Louis XI. Bâtiments imaginaires à l’antique. Non exposé.
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Hugues SAMBIN, Œuvre de la diversité des termes, Lyon, Jean Durant, 1572. 4° Duplessis 244.
P. 6-7 : " Premier terme… appellé Tuscan, autrement rustique… "
Œuvre entièrement consacrée aux supports anthropomorphes. Menuisier et architecte formé à Fontainebleau, actif à Dijon et Besançon dans la deuxième moitié du XVIe siècle. À chacun des six degrés stylistiques qu’il distingue, Sambin propose un terme, c’est-à-dire pour lui un couple de statues masculine et féminine (au XVIe siècle « terme » a le sens de statue).
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- Joseph BOILLOT, Nouveaux pourtraits…, Langres, Jean Des Prey, 1592. 4° Duplessis 245.F. a IVv°-a [V] : « Du rhinocerot [sic] ».
Echevin de Langres, Boillot n’est pas un architecte mais un humaniste dont la galerie de « termes » zoomorphes, bien que destiné, apparemment, aux architectes, ne doit rien à l’architecture classique. L’union des contraires, par exemple celle du rhinocéros et de l’éléphant, a été interprétée dans un sens politique, celui de l’union nécessaire des partis catholique et protestant pour le bien du royaume. |
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Architectures de fête |
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Triumphe d'Anvers, Anvers, Gillis van Diest, 1550. 4° Duplessis 122.
F. e2v°-3 : rue de l'Hospital " Arc triomphal des Espagnols " avec temple de Janus (à gauche Auguste qui l'a fermé, comme Charles-Quint, à droite, qui tient son fils Philippe par la main).
L’entrée du prince Philippe à Anvers en 1549, s’inscrit, comme l’entrée à Milan l’année précédente, dans un programme de préparation de la succession de Charles-Quint à la tête de l’ensemble des territoires dépendant de lui, qui n’adviendra qu’en 1556. La propagande impériale utilise largement la mythologie païenne, notamment, dans cette entrée, la légende des Argonautes.
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- La magnifica… entrata…del christianiss. Re di Francia Henrico secondo, Lyon, Guillaume Rouillé, 1549. 8° Duplessis 1582. Mention ms. au crayon " binding 1819. »
F. H 1 : La perspectiva del cambio.
Un des plus grands livres de fête français au livret duquel ont participé Maurice Scève et Guillaume Du Choul. Existe en deux versions, française et italienne. Les planches sont attribuées à Bernard Salomon, auteur des costumes et des architectures. L'impression n'est pas de Jean de Tournes, comme on le répète depuis Baudrier, mais de Philibert Rollet et Barthélemy Frein.
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L'Ulisse di M. Lodovico Dolce, Venise, Giovanni Giolito de'Ferrari, 1573. 8° Duplessis 3135.
P. 28-29. Chant 4 : arrivée de Télémaque à Sparte chez le roi Ménélas. Initiale parlante O (Orfeo).
Traduction de l'Odyssée en octosyllabes italiens par Lodovico Dolce (1508-1568), parue après la mort de l'auteur. Pour Giovanni Giolito, Dolce, type du " polygraphe " lié au développement de la typographie, avait également adapté les Métamorphoses d'Ovide, l'Enéide et l'Iliade. Chaque chant est précédé d'un argument, d'une explication des allégories qui y sont contenues - par exemple ici Ménélas, Télémaque et Hélène représentent respectivement le plaisir qu'ont les princes à recevoir des voyageurs, la tendresse des enfants envers leurs parents (Télémaque pleure en entendant le récit des exploits de son père), et la sagesse d'une femme qui sait dissiper la mélancolie de son hôte -, et d'une vignette contenant les différents épisodes dans un même espace. Chaque initiale, en outre, est parlante.
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Bref et sommaire recueil… entrée de… Charles IX, Paris, Denis Dupré, 1572. 8° Duplessis 3229.
Festivités (entrée et couronnement) organisées du 6 au 25 mars 1571, par la ville de Paris, en l'honneur du couple royal, Charles IX et Élisabeth d'Autriche, la fille de l'empereur Maximilien II. Ronsard, principal organisateur avec Dorat choisit un programme iconographique reflétant l'union de la France et l'Allemagne, et la paix retrouvée. Les planches sont dues au tailleur et graveur en pierres précieuses, Olivier Codoré et non à Jean Cousin comme Duplessis l’affirmait à la suite de Renouvier. Non exposé.
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C'est l'ordre qui a este tenu… entrée… Henry deuzieme…, Paris, Jacques Roffet, 1549.
8° Duplessis 2118. F. [15] : arc du Pont Notre-Dame Henri II en Tiphys (pilote des Argonautes) entouré de Castor et Pollux tenant des étoiles symboles d'immortalité.
L’entrée à Paris de Henri II au lendemain de son sacre eut lieu le 16 juin 1549, à la suite du couronnement de la reine à Saint-Denis. Jean Martin, traducteur, notamment, du Songe de Poliphile, en fut l’organisateur. Avec le poète Thomas Sébillet et les artistes Jean Cousin, Charles Dorigny et Jean Goujon il conçut un programme complexe, que dominaient les éléments architecturaux. Quelques notes manuscrites contemporaines de l'édition.
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Architecture et société |
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- VITRUVE, Architecture, Paris, Jean Gazeau, 1547. Rés. 4° Duplessis 5.
F. 15 v° : architecture des premiers hommes.
Première édition française. Importante traduction de Jean Martin, qui, après sa traduction des livres I et II de Serlio (1545), contribue à fixer durablement le vocabulaire français de l’architecture. Les planches de Jean Goujon offrent une sorte de contrepoint moderne au texte de Vitruve qui légitime les innovations « serliennes ».
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Philibert DELORME, Architecture, Paris, Frédéric Morel, 1567. Rés. Fol. Duplessis 55.
F. 282 : le mauvais architecte sans yeux ni mains.
Première édition d’un traité très personnel, préparé dès 1561 et paru peu avant la mort de l’auteur, où Delorme met à profit toute son expérience de bâtisseur pour proposer des ordres originaux, présentés comme antiques, et développe une réflexion originale sur la responsabilité de l’architecte serviteur de Dieu.
Ex. réglé. Reliure aux armes de la famille d’O. Notes ms. de Charles Clarke (8 octobre 1797).
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| Modèles antiques et architecture contemporaine |
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Andrea PALLADIO, Architettura, Venise, Domenico De'Franceschi, 1570. 4° Duplessis 71.
Livre IV, f. 80v°-81 : intérieur du Pantheon.
Première édition du grand traité de Palladio, couronnement de toute son œuvre, où le dernier livre est consacré aux plus beaux temples antiques.
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Jacques ANDROUET DU CERCEAU, … Excellens bastimens de France, Paris, id., 1576. Rés. Fol. Duplessis 54.
FF. n.n. Façade du château de " Boulogne dit Madrid ".
Florilège des plus beaux monuments de l’architecture française moderne, sans doute entreprise à l’initiative de Catherine de Médicis : œuvre d’un poète à la gloire des réalisations des Valois qu’il élève au rang de celles des souverains antiques, jusqu’alors seul objet des anthologies d’architecture.
Ex-libris ms. du marchand d’estampes Pierre II Mariette (1676).
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