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III. Sentiment de la mort et attente de la résurrection
Il y a une cinquantaine d'années le grand historien italien Alberto Tenenti avait étudié dans deux livres majeurs encore trop méconnus (Sens de la mort et amour de la vie (Renaissance en Italie et en France) et La vie et la mort à travers l'art du XVe siècle) les représentations du sentiment de la mort dans la littérature et l'art européens des XVe et XVIe siècles. Cette vitrine propose, à sa suite, trois exemples majeurs : le sentiment de la mort en France dans des livres d'heures du début du XVIe siècle et dans l'œuvre de Woeiriot, peu après 1550, où la mort est représentée comme un cadavre concret, personnel, où la mort est un mort; le thème, par contraste, du Triomphe de la Mort dans les Trionfi de Pétrarque et les sermons de Savonarole, mort abstraite et bienveillante; la Grande Passion de Dürer où le dard de la mort se heurte à la lumière du Christ.
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Le sentiment de la mort en France au XVIe siècle |
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- Heures de Toul, Paris, Simon Vostre, 1517 ? 8° Rés. Duplessis 3241. F.i 6v°-7 r°.
Exemplaire enluminé sur vélin. Dans les encadrements de l'office des morts, en latin, danse macabre en 51 figures avec légendes en français, puis " dance mortelle " en 24 figures avec texte français en vers. Vignettes avec quatre images de la mort donnée par guerre, famine et peste.
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Heures de Chartres, Paris, Simon Vostre, 1507 ? 8° Rés. Duplessis 1396. F. n2v°-n3 r°.
Exemplaire enluminé sur vélin. Dans les encadrements de l'office des morts, en latin, danse macabre en 146 figures avec légendes en français. La mort entraîne six figures féminines. Cadavres d'un roi et d'une reine.
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Pierre WOEIRIOT, Pinax iconicus, Lyon, Clément Baudin, 1556. Exemplaire donné à Duplessis par Emmanuel Miller, conservateur au département des manuscrits (1810-1886). 8° Duplessis 927.
Planche en regard du f. C1. Bûcher funéraire aux Indes.
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Chorea ab eximio macabro versibus alemanicis edita, Paris, Adam Pilinski, [1870]. Fac-similé de l’édition de Paris, Guy Marchant pour Geoffroy de Marnef, 1490. Danse des morts reproduisant les fresques du cimetière des Innocents à Paris. Première édition avec le texte latin. Procédé lithographique Pilinski. Mention ms. : « reproduction offerte à Monsieur Duplessis par Adam Pilinski. 2 février 1870 ». Cette danse macabre paraîtra en 1883 dans la collection « Monuments de la xylographie » publiée par Adam Pilinski et fils entre 1882 et 1886. 8° Duplessis 3310.
F. a 2-a3. Dialogue entre la mort, un astrologue, un bourgeois, un chanoine et un marchand.
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Le Christ rédempteur dans la Grande Passion |
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Albrecht DÜRER, Passio Domini, Nuremberg, 1511. Rés. Fol. Duplessis 70.
Pl. [91] Le Christ aux Enfers. Adam tient la croix, Eve est à son côté. Le Christ tend la main à saint Jean-Baptiste.
Le royaume des morts où descend le Christ est une « prison », selon l'expression sibylline de la Première épître de Pierre, un lieu de désolation qui attend de la venue du Christ une nouvelle initiation à la vie. Étroitement associée au baptême dont elle est une typologie dès ce passage du Nouveau Testament, la descente du Christ inverse le sens du voyage initiatique d'Énée, puisque ce n'est plus un vivant qui cherche, pour son propre compte, chez les morts un message ésotérique, mais ce sont les morts qui reçoivent d'un vivant ressuscité la promesse désormais accessible à tous d'une vie nouvelle.
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Trionfo de la mort
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Francesco PETRARCA, Trionfi, Venise, Piero di Piasi, 1490. Rés. 4° Duplessis 235.
P-4. F.45 v. Triomphe de la mort. Pleine page.
Commentaire de Bernardo Lapini publié pour la première fois en 1475. C’est le commentaire classique avant celui de Velutello. Le thème du triomphe de la Mort apparaît dans les manuscrits enluminés une cinquantaine d’années après la composition des Triomphi (entre 1356 et 1374) sur le modèle du triomphe de l’amour – puis de la gloire, de la chasteté et du temps. La mort est représentée par un squelette, de la façon la plus abstraite qui soit, contrairement aux représentations françaises ou nordiques. Ex-libris d’Ambroise Firmin-Didot et du comte Gomez de la Cortina, marquis de Morante, dont la bibliothèque a été dispersée à Paris vers 1870.
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Francesco PETRARCA, Trionfi, Venise, Giovanni Codeca, 1492/1493. Rés. 4° Duplessis 121.
P-5. F45 v. Triomphe de la mort.
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- Francesco PETRARCA. Trionfi, Venise, Bartolomeo Zanni, 1508. 4° Duplessis 52.
F. 45 v. Triomphe de la mort. Même bois que dans l'éd. de 1492.
Seul exemplaire conservé en France. Non exposé.
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Girolamo SAVONAROLA, Predica dell'arte del bene morire, Florence, Bartolommeo de'Libri, circa 1497. Rés. 8° Duplessis 1856.
Page de titre. La mort, squelette aux longs cheveux selon une iconographie venue du Campo santo de Pise, porte un cartouche avec les mots « Ego sum ».
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Id., Florence, Antonio Tubini, vers 1500. Rés. Duplessis 8° 1857.
F. a6 v° : " Qua su qua giù ". Le sermon de Savonarole sur l’art de bien mourir, du 2 novembre 1496, insistait sur l’importance de trois images qu’il décrivait et que les fidèles devaient avoir constamment sous les yeux grâce à la gravure.
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